Animaux : vers un nouveau pacte

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(une fée de Pascal Moguérou en très bonne compagnie)

J’ai assisté hier à la conférence Vers un nouveau pacte à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Il s’agissait de la toute dernière conférence du cycle Révolutions animales. Deux intervenantes : Florence Burgat (philosophe et directrice de recherche à l’INRA : Institut national de recherche agronomique) et Estiva Reus (maître de conférences à l’université de Bretagne occidentale).

C’était véritablement une des conférences les plus audacieuses de tout le cycle, surtout pour ce qui concerne l’intervention de Estiva Reus : ses théories (empruntées à plusieurs intellectuels) peuvent effectivement paraître de prime abord assez utopistes. Elles ont cependant le mérite d’interroger la vision anthropocentrique, cynique et brutale que nous avons du monde dans lequel nous vivons.

  • Constat 1 : un pacte à proprement parler avec les animaux est évidemment impossible car nous ne parlons pas le même langage qu’eux, mais le véritable obstacle à ce pacte est tout simplement le refus de l’homme de pactiser : sa disposition belliqueuse, son refus de renoncer à contraindre l’animal et à délaisser une partie de ses prérogatives.
  • Constat 2 : la puissance scientifique et technique de notre époque moderne ne fait qu’amplifier l’exploitation et la souffrance des animaux : elle est de plus en plus diversifiée et de plus en plus étendue.
  • Jocelyne Porcher, sociologue et directrice de recherche à l’Inra (Institut national de recherche agronomique) a écrit un bouquin qui paraît assez passionnant : Vivre avec les animaux, une utopie pour le XXIe siècle. A la fois très soucieuse du bien-être des animaux et très attachée à l’élevage quand il est de qualité, elle dénonce l’élevage industriel apparu au XIXe siècle (source de tant de souffrances) et prône le petit élevage paysan (activité millénaire). Un lien très intéressant sur son bouquin : ici. L’idée : remédier à la tyrannie, mais pas à la vie commune avec les animaux (élevage, animaux domestiques), ni à la consommation de viande.
  • Pour les intellectuels Donaldson et Kymlicka, les animaux doivent devenir des membres à part égale de la société : il faut adapter la citoyenneté aux animaux en étendant les 3 « P » aux animaux : les Protéger / Pourvoir à la satisfaction de leurs besoins / Les faire Participer (les considérer comme acteurs et bénéficiaires du bien commun). Mais aussi, en faire des êtres libres (droit de jouir d’autonomie, de choix, d’opportunités dans la conduite de leur propre existence). Pour ce qui est de permettre et de favoriser l’agentivité animale : les animaux ont des personnalités différentes et il s’agit donc de créer les conditions pour qu’ils puissent devenir acteurs de leur vie : respecter leurs initiatives, leur donner le droit de choisir entre plusieurs options, leur donner le droit de refuser des activités ou relations aversives.
  • Définition d’une citoyenneté animale, pour une société mixte (humanimales) : droit à la socialisation/l’éducation : permettre aux animaux de s’adapter au mieux à l’environnement dans lequel ils vont vivre, de se familiariser avec les individus et éléments de leur environnement. Droit à la sécurité : protection contre les agressions et les calamités naturelles, par exemple. Droit à la santé. Droit d’être représentés par les humains sur le plan politique, dans les institutions politiques ET dans les services publics (police, urbanisme, aménagement routier, services d’urgence). Mais aussi : faire participer les animaux à la coopération sociale et les faire contribuer au bien de leurs concitoyens, par l’intermédiaire de tout un tas d’activités que l’on connaît déjà : tondre les parcs et les prairies pour les herbivores, débroussaillage pour les chèvres, gardiennage pour les oies, protection des moutons (pour les ânes, lamas, chiens), pistage et recherche de personnes ensevelies (pour les chiens), travail social/éducatif/auprès d’enfants/personnes âgés (pour toutes les espèces).
  • Alors, concrètement, ça donne quoi ? Et bien par exemple, la police des animaux en Norvège, qui a été mise en place au printemps 2015. Voici plusieurs articles qui ont été publiés en France à ce sujet : par Le Figaro (ici), Sciences et Avenir (ici), ou encore Francetvinfo (ici).

New Jersey Daily Life

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Papillons du dimanche

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Dimanche : le jour sacré de la pâte à tartiner chocolat-noisettes et de la glandouille sous la couette.

J’ai assisté à 4 conférences cette semaine. Si je veux parler des 4, je dois faire un focus sur ce qui a le plus suscité ma curiosité.

1. Conférence Animaux marins, grands, effrayants et symboliques au Collège des Bernadins (faisant partie du cycle Les animaux dans l’art et la religion) > analyse de deux œuvres littéraires (Moby Dick et Vingt mille lieues sous les mers) qui multiplient les références bibliques :

  • Cette conférence m’a rappelé, une fois de plus, l’étendue de mes lacunes littéraires. Car non, je n’ai jamais lu Moby Dick (Herman Melville), ni jamais lu Vingt mille lieues sous les mers (Jules Verne)…
  • Il s’agit de deux grands romans d’aventure du XIXe siècle, qui développent deux façons de vivre avec les animaux et la mer, et dont les deux capitaines (Achab et Nemo) sont très différents (voir plus bas)
  • XIXe siècle : profusion de textes sur la mer car les bateaux sont de plus en plus performants, et que la pêche se développe
  • Dans Moby Dick, tout se passe à la surface de l’eau, tandis que dans Vingt mille lieues sous les mers, on explore les profondeurs de la mer
  • Concernant Vingt mille lieues sous les mers : on connaît bien sûr les célèbres gravures de De Neuville en guise d’illustrations (puisque c’était la mode à l’époque)
  • Achab (Moby Dick) est un personnage très noir, très négatif, rongé par sa fureur et sa haine (il veut se venger de la baleine blanche qui lui a arraché une jambe dans le passé), et qui entraînera son équipage dans sa perte…
  • Nemo (Vingt mille lieues sous les mers) est un homme animé par la science mais blessé, distant, très solitaire, profondément déçu par la civilisation, qui a choisi de quitter le monde des humains… La mer est pour Jules Verne une ode à la création divine et pour Nemo une quête d’harmonie…
  • Dans ces deux romans, les créatures fascinantes deviennent des personnages à part entière ; d’ailleurs, la baleine blanche de Melville s’appelle Moby Dick, tandis que le sous-marin inventé par Jules Verne est appelé le Nautilus
  • Avertissement du conférencier : ne pas se laisser impressionner par les passages trop techniques de ces deux romans, parfois décourageants… ce que j’ai traduit de la façon suivante : ne pas hésiter à sauter allègrement tout un tas de passages pour apprécier l’intrigue et les personnages. Et mon cœur penche pour Vingt mille lieues sous les mers 🙂

 

2. Conférence De l’animal à l’homme, existe-t-il réellement des frontières ?, au Centre National des Arts et Métiers

J’ai trouvé cette conférence intéressante mais ultra-pointue (ne serait-ce que dans le vocabulaire utilisé par les deux intervenants). Voici les 4 points que j’ai voulu retenir :

  • Les éthologues sont dorénavant en mesure d’affirmer que certains animaux (exemple : les mones de Campbell, petits singes arboricoles) font de véritables phrases : leurs cris sont en réalité des suites de « mots » qui ont un sens et qui sont prononcés dans un ordre choisi (préfixes, suffixes) pour communiquer avec leurs congénères. En outre, ces animaux respectent, dans leurs échanges, des règles temporelles et sociales comparables à celles de nos conversations : éviter de se couper la parole, respecter des tours de parole, privilège accordé aux congénères plus âgés… Pour en savoir plus, c’est : ici !
  • Qu’est-ce que la danse des abeilles ? Un mode de communication ultra-complexe qui permet aux abeilles revenues de leur butinage d’expliquer à leurs congénères la distance et la direction de la source de nourriture où elles peuvent obtenir le nectar et le pollen des fleurs nécessaires à la production de miel (travaux de Karl von Frisch, qui lui ont valu d’obtenir le prix Nobel de Physiologie et Médecine en 1973). Pour en savoir plus, c’est ici !
  • Grand paradoxe : alors même qu’on découvre encore et toujours plus l’ampleur de ce qui rapproche les animaux des humains (génétique, sensibilité, empathie, modes de communication, capacité de se soigner par les plantes, capacité d’utiliser des outils, etc.), on n’a jamais autant instrumentalisé (utilisation pour la science) et maltraité (élevage industriel, pollution…) les animaux
  • Depuis 2010, on ne fait plus d’expériences sur les grands singes (sauf si c’est nécessaire pour leur santé et leur bien-être à eux)

 

3. Conférence Vers un nouveau pacte à la Cité des Sciences et de l’Industrie (dernière conférence du cycle Révolutions animales)

Prochain post.

4. Conférence Voyage dans le domaine public (exploration des richesses et potentialités du domaine public (à la bibliothèque Brassens du 75014)

Conférence passionnante ! Prochain post.

Les poèmes d’amour de Jacques Prévert

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(photographie de Bill Brandt)

Fiesta, Jacques Prévert (1900-1977)

Et les verres étaient vides
et la bouteille brisée
Et le lit était grand ouvert
et la porte fermée
Et toutes les étoiles de verre
du bonheur et de la beauté
resplendissaient dans la poussière
de la chambre mal balayée
Et j’étais ivre mort
et j’étais feu de joie
et toi ivre vivante
toute nue dans mes bras…

*

J’avais 20 ans et je n’aimais pas (du tout) Jacques Prévert. J’ai découvert ses fabuleux poèmes d’amour au fond d’un vieux café, scotchés sur un mur, dans le quartier de Montmartre. Révélation. A l’époque, j’avais le monde à mes pieds et des nuées de papillons sous la peau. Mais pas encore 15 ans d’amour solidement enracinés dans le coeur…

Le Droit de l’animal dans l’enseignement supérieur

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(photo de Rowanseamus sur Flickr)

Dans le cadre du cycle Révolutions animales à la Cité des Sciences et de l’Industrie, la conférence du samedi 16 janvier portait sur la question animale dans l’enseignement. J’ai posté hier un article sur la première intervention (celle de Dominique Droz), qui a développé la question de l’animal dans l’éducation des enfants.

Mon post du jour sera donc consacré à l’exposé du deuxième intervenant : Jean-Marc Neumann, juriste, chargé d’enseignement en Droit de l’animal à l’Université de Strasbourg et secrétaire général de l’EuroGroup for Animal Law Studies (EGALS). Le sujet de son exposé : le Droit de l’animal dans l’enseignement supérieur.

Voilà ce que j’ai retenu de son intervention :

  • En France, on ne s’intéresse au Droit de l’animal dans l’enseignement supérieur que depuis 2015 ! On est donc en retard par rapport aux autres pays européens. On y revient un peu plus bas…
  • Les États-Unis sont la terre de naissance du Droit de l’animal, dans les années 70, grâce au bouquin du philosophe australien Peter Singer : La Libération animale. C’est en 1978 qu’est donné le premier cours consacré à ce sujet, aux Etats-Unis, à la demande d’une juriste, pour faire progresser la cause animale. Pour plus d’informations sur Peter Singer et son bouquin : ici.
  • Dans le monde, on est passé de 2 cours sur le Droit de l’animal en 2000, à 150 cours en 2015 ! Il s’agit donc d’une progression tout à fait fulgurante. Cette expansion extraordinaire est très encourageante ! Exemples de quelques pays qui donnent des cours en Droit de l’animal : l’Espagne depuis 2011, la Suisse depuis 2012, l’Angleterre, la Finlande, mais aussi plus curieusement la Pologne, le Brésil, l’Afghanistan… Car c’est parfois dans les pays où le manque de réglementation pour la protection de l’animal est le plus cruel que certains individus, choqués, désemparés, réagissent en faisant instaurer un enseignement sur la question.
  • L’EuroGroup for Animal Law Studies (EGALS) (dont le secrétaire général est justement l’intervenant Jean-Marc Neumann) est créé en 2013, pour promouvoir le développement du Droit de l’animal dans les universités. EGALS a effectivement pour objet « d’accroître l’intérêt de la communauté juridique européenne pour le Droit de l’animal et d’encourager ainsi l’enseignement du Droit de l’animal dans les universités européennes et le développement de la recherche dans ce domaine ».
  • Voici comment EGALS se présente sur le web : « La création de l’EuroGroup for Animal Law Studies est un acte novateur et ambitieux devant permettre de renforcer l’impact académique et l’efficience des membres fondateurs dans leur projet de développement du Droit Animal en tant que matière nouvelle enseignée en Europe en combinant leur expertise, leurs compétences et leur connaissance dans le domaine de l’enseignement et de la recherche en Droit Animal. Cela permettra aussi à la communauté juridique européenne de partager connaissance et pratique ainsi que de se constituer en réseau. »
  • Deux étapes importantes pour la France en 2015 : premièrement, la sensibilité animale entre enfin dans le Code civil (un résumé en 20 lignes par la fondation 30 Millions d’amis : ici), et deuxièmement, on voit apparaître le premier cours en Droit de l’animal (à l’université de Strasbourg) ainsi que la création du diplôme universitaire en Droit équin (pour les chevaux) (à l’université de Limoges).
  • Les forces de l’ordre, policiers, gendarmes, ne connaissent pas les textes, il faut les former, ils ont un grand rôle à jouer pour prendre la souffrance animale au sérieux, et c’est également le cas des magistrats, des avocats.
  • Se spécialiser dans le Droit animal ne rapporte pas d’argent. Le seul moteur qui vaille est la conviction, la sensibilité à la cause animale.
  • La conclusion optimiste et assurée de Jean-Marc Neumann : l’enseignement du Droit de l’animal va évidemment contribuer à une meilleure application de la réglementation ET à une amélioration de cette même réglementation.
  • Note : l’intervenant souligne, en écho à l’intervention de la psychologue Dominique Droz, que l’éducation doit être la base d’un développement de la protection animale : l’éducation est la base, et la législation fait le reste. Mais c’est parfois dans la famille qu’on apprend la violence sur les animaux, d’où l’importance de l’école…

L’animal dans le coeur des enfants

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(les animaux dans l’imaginaire des enfants – illustration de Asako Eguchi)

Dans le cadre du cycle Révolutions animales à la Cité des Sciences et de l’Industrie, la conférence du samedi 16 janvier portait sur la question animale dans l’enseignement. Deux intervenants passionnants ont animé la conférence.

Je vais consacrer ce post à l’exposé du premier intervenant : madame Dominique Droz, psychologue clinicienne, spécialisée dans les difficultés de l’enfant et dans l’enseignement. Elle est venue nous parler de la question de l’animal dans l’éducation des enfants (tandis que le deuxième intervenant est venu nous parler du Droit animal dans l’enseignement supérieur – voir prochain post).

Dominique Droz a ému toute la salle et je pense que son travail quotidien avec les enfants n’est pas étranger à son talent d’oratrice, à sa facilité à faire passer efficacement les messages, à notre envie de tendre l’oreille pour l’écouter : voix douce et calme, propos accessible, ouverture d’esprit, esprit pragmatique et pacifique, bienveillance globale.

Voici ce que j’ai retenu de son intervention :

  • L’animal joue un rôle très important dans l’univers fantasmatique de l’enfant. Les animaux occupent une place centrale dans les livres pour enfants et aussi dans nos rêves nocturnes. Ils font profondément partie de nos vies. Initialement, les enfants sont indignés par la souffrance des animaux (sauf cas particuliers), et c’est finalement la société qui les pousse à poser un voile d’indifférence sur cette préoccupation intime : par identification aux adultes, l’enfant met au placard son empathie envers les animaux. Dans la vie de l’être humain, l’animal commence donc par être le partenaire enchanté de l’imaginaire et de la réalité de l’enfant, pour finalement devenir un simple élément de rendement, une simple donnée du PIB d’un pays, une « chose » posée là.
  • Dominique Droz a souhaité nous lire un texte de Milan Kundera (extrait de L’Insoutenable légèreté de l’être) sur notre rapport essentiel aux animaux : « La vraie bonté de l’homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu’à l’égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l’humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c’est ici que s’est produite la faillite fondamentale de l’homme, si fondamentale que toutes les autres en découlent… »
  • Dominique Droz nous a parlé de l’Enseignement moral et civique (EMC) (créé par la loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République). Ce nouvel enseignement est mis en œuvre – de l’école jusqu’au lycée – à partir de la rentrée 2015. Il se substitue aux programmes d’éducation civique existants. La psychologue nous a expliqué à quel point cet Enseignement moral et civique était anthropocentré, ne laissant aucune place aux animaux (en l’occurrence, au respect qu’on devrait leur porter en tant qu’être vivants sensibles). Cet EMC aborde pourtant la question de la vie en société de façon complexe et étendue : émotions, empathie, apprentissage de l’argumentation et de l’expression de ses idées, notions d’engagement, pédagogie par projet interdisciplinaire… ce qui laisse en théorie largement la possibilité de parler des animaux ! (lien officiel de cet EMC : ici)
  • L’Éducation nationale n’impose pas donc pas le thème essentiel de l’animal, mais elle ne l’interdit pas non plus. Tout repose donc sur la créativité des enseignants. Il faut absolument permettre aux enfants de comprendre ce que nous avons en commun avec les animaux, et les conduire à une conscience morale vis-à-vis des animaux, au delà de leur empathie naturelle pour eux.
  • Célestin Freinet (1896-1966), pédagogue, qui souhaitait faire de la classe un atelier, introduisait des animaux dans les classes.
  • Les animaux et les enfants sont proches les uns des autres en ce sens qu’ils se situent davantage dans les émotions et la spontanéité que dans les concepts et la raison.
  • Les animaux sont bénéfiques aux enfants autistes : en présence d’animaux (considérés par les enfants autistes comme non menaçants, innocents), les résultats sont notoires et on voit même certains autistes parler pour la première fois en présence d’animaux !
  • Le stéréotype du grand méchant loup (dans les contes) fait des dégâts. Il ne poserait pourtant pas problème s’il était relayé par une information sur la réalité du loup : le fait qu’il n’est pas dangereux pour l’homme, qu’il a au contraire peur de l’homme, et qu’il est en danger. Le rendez-vous avec le réel est important pour l’enfant.
  • Au collègue, en France, la vivisection est maintenant interdite. Elle a traumatisé de nombreux enfants (dont ceux de Dominique Droz).
  • Quand on parle d’animaux à l’école, ce n’est jamais pour considérer l’animal comme sujet d’une vie, mais uniquement pour parler d’élevage ou encore, éventuellement, de biodiversité. C’est d’autant plus surprenant qu’il y a pourtant largement de quoi mettre l’enfant dans une démarche de recherche et d’émerveillement, tant le sujet de l’animal est riche.
  • Au lycée, dans le programme de littérature et de philosophie, de nombreuses grandes figures évoquées ont défendu la cause animale. Par exemple, Voltaire et Rousseau se sont exprimés avec rigueur contre l’exploitation et la cruauté envers les animaux. Mais bizarrement, cela n’est absolument jamais évoqué à l’école ni dans les bouquins scolaires. Il en est de même pour Monod, Kundera, Zola, Hugo, Jules Michelet, Tolstoï et bien d’autres.
  • Dominique Droz considère que toute cette violence, faite aux animaux et ainsi acceptée par la société, fait partie de l’inconscient collectif. Or, l’être humain se grandirait lui-même en agrandissant sa morale au règne des animaux. Il a TOUT à y gagner.

Bestiaire en papier de soie

Du 16 janvier au 20 février 2016, Le Bon Marché accueille l’exposition Air de jeux de Ai Weiwei. Au rendez-vous, de la poésie et de la légèreté. J’y suis allée aujourd’hui.

On entend beaucoup parler de l’artiste contestataire chinois Ai Weiwei depuis quelques années déjà. Ai Weiwei est un grand enfant qui fait par exemple un doigt d’honneur à la porte de la Paix céleste (la porte sud de la Cité impériale) sur la place Tian’anmen, ou qui brise une urne de la dynastie Han un beau matin, aussi tranquillement que ça…

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Une fois n’est pas coutume, avec Air de jeux et en particulier La chanson du blanc, Ai Weiwei nous invite à planer et à rêver… Sa chanson du blanc est un grand ballet aérien de 22 créatures fantastiques, réalisées en bambou et papier de soie, suspendues dans l’atrium du Bon Marché.

 

Comme souvent avec les œuvres en 3D, les photos ne valent pas grand chose (et c’est encore plus compliqué de réaliser des photos de qualité quand l’environnement est visuellement assez parasité, comme au Bon Marché). Il faut aller voir ça sur place !

Pour son grand ballet de papier, l’artiste s’est inspiré du Classique des monts et des mers, un ouvrage mythologique de l’Antiquité chinoise. Ses œuvres sont aussi un clin d’œil à son enfance et à la tradition des cerfs-volants chinois.

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La Corée par ses peintres

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(œuvre de Jeong Seon, peintre paysagiste)

D’après ce que j’ai pu lire un peu partout, les trois grands peintres coréens de la période Choson sont :

  • Jeong Seon (1676-1758), peintre principalement paysagiste (son pseudonyme : Gyeomjae). Voir peinture ci-dessus, et pour les plus curieux : un décryptage de ses deux plus célèbres œuvres en cliquant ici !

 

  • Shin Yun-bok (environ 1758-environ 1813), qui peint surtout la haute société et les courtisanes, favorisant les touches de couleurs vives (son pseudonyme : Heywon). Ci-dessous, voici deux peintures représentatives du maître : Croisière festive et Le Jour du Dano. Pour les plus curieux : on peut aussi lire un article passionnant sur l’œuvre Amants au clair de lune en cliquant ici. Il a été rédigé par un spécialiste de l’art coréen qui donne des tas de petits outils pour décrypter une œuvre coréenne de l’époque.

 

  • Kim Hong-do (1745 – 1816), qui peignait principalement des agriculteurs, artisans et marchands, souvent avec une note humoristique (son pseudonyme : Danwon). Voici deux peintures représentatives du maître : Le Battage du riz et La Taverne. Plus d’informations sur ce peinture : ici.

 

Note : les 3 liens proposés vous amènent à chaque fois sur des articles de la revue Koreana, qui fait un boulot pointu, pertinent et très séduisant pour la valorisation de la culture coréenne dans le monde. Leur page d’accueil en français : ici.