Bientôt les vacances !

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(couverture du New Yorker, réalisée en mai 2003 par le dessinateur Peter de Sève)

Cette couverture du New Yorker n’est-elle pas magnifique ? On y voit le dieu Pan dans une version contemporaine et citadine. Le dessinateur Peter de Sève (auquel j’ai consacré un article il y a quelques semaines : ici) fait un jeu de mots visuel sur le terme panhandler, qui comprend pan et qui signifie mendiant en anglais. Être hédoniste et profiter de la vie, ce n’est pas se vautrer dans un plaisir sans limite, mais se sentir riche avec peu, non ? 🙂

C’est bientôt les vacances ! Je viens de faire la liste des bouquins que je veux lire cet été :

  • Mon étrange sœur, roman de Marie Le Gall, d’après l’expérience véritable de l’auteur, consacré à sa sœur internée en psychiatrie (avec une très belle critique ici)
  • Règne animal, roman de Jean-Baptiste Del Amo (écrivain mais aussi végétalien et militant pour la cause animale) (il est interviewé sur France Culture par Alain Finkielkraut ici ; et ça vaut le coup !)
  • L’Encre du passé, une bande dessinée qui nous embarque au Japon des peintres et des ermites (un résumé qui fait envie ici)
  • L’Art de la délicatesse, le dernier bouquin de Dominique Loreau (connue pour L’Art de la simplicité)
  • La Vie des eaux douces, le nouveau guide nature de Niestlé et Delachaux : de quoi vous faire rêver ensuite de rainettes et de libellules… 🙂
  • Si près du ciel, le Tibet, un très bel album photo de Jacques Borgetto, aux éditions Filigranes (une maison d’édition confidentielle, animée par la passion de l’objet-livre, qui respecte profondément ses auteurs et son public)
  • Blanche-Neige, un beau et gros bouquin sur le premier long-métrage d’animation des studios Disney (1937), conçu par le spécialiste du cinéma d’animation Pierre Lambert, aux éditions de La Martinière

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Vive les pâtisseries vegan !

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(VG Pâtisserie, le nouveau paradis des vegans)

J’ai enfin pris le temps d’aller découvrir deux adresses de pâtisseries vegan (c’est-à-dire sans aucun produit d’origine animale) sur Paris : Vegan Folie’s et VG Pâtisserie. Je me suis régalée !

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Vegan Folie’s 

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Amandine a ouvert sa pâtisserie Vegan Folie’s  en 2011. Non seulement l’établissement propose une alimentation cruelty free et éthique (produits 100% vegan et bio), mais en plus Vegan Folie’s soutient activement plusieurs associations de défense animale et organise très régulièrement des projections et conférences (variées et passionnantes) sur la cause animale. L’agenda de ces événements est disponible sur leur page Facebook.

Amandine a été interviewée en 2014 par Libération : ici
Le site officiel de Vegan Folie’s : ici
Leur adresse : 53, rue Mouffetard, 75005

Ci-dessous, deux pâtisseries Vegan Folie’s. La première me fait très envie. Quant à la seconde, un cake au citron et aux fruits rouges, je l’ai goûtée le week-end dernier et je me suis régalée.

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VG Pâtisserie

Bérénice, passionnée par la pâtisserie depuis son enfance et cheffe pâtissière du restaurant végétalien Le Gentle Gourmet Paris jusqu’en juin 2016, vient d’ouvrir sa propre pâtisserie végétale : VG Pâtisserie ! En plus d’une vente de pâtisseries sur place ou à emporter, l’établissement propose des petits-déjeuners et des brunchs (boissons végétales également). La plupart des produits proposés ne contiennent pas de gluten.

Une interview de Bérénice en 2016 : ici
Le site officiel de VG Pâtisserie : ici
Leur adresse : 123, boulevard Voltaire, 75011

Ci-dessous, quatre produits VG Pâtisserie. La première est un vrai petit bijou, on a envie de se jeter dessus ! Deuxième photo : il s’agit de ce que j’ai goûté il y a quelques jours, en l’occurrence un fraisier et un marbré chocolat-noisettes. C’était très bon ! VG Pâtisserie fait aussi des viennoiseries (troisième photo).

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Pour aller plus loin :

  • On ne le dira jamais assez : on peut être en bonne santé ET se régaler sans consommer de produits issus des animaux. Voici un topo clair et exhaustif sur la nutrition vegan, concocté par l’association L214 : ici
  • Ma prochaine excursion gourmande ? la fromagerie végétale Jay & Joy ! Leur site officiel : ici 🙂

 

Le bestiaire du château de Pierrefonds

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(attendrissante sculpture sur les toits du château de Pierrefonds)

Au cœur de l’Oise, dans la région bucolique et vallonnée de Compiègne, se dresse le château de Pierrefonds. Si visiter un château est toujours sympathique, c’est encore plus chouette quand le château en question abrite un bestiaire de rêve et qu’une conférencière passionnée nous aide à repérer ces nombreuses créatures, parfois savamment dissimulées dans les sculptures végétales…

Il y a quelques années, j’ai découvert cette incroyable photo sur internet (une chatte qui tient son petit dans la gueule) et je m’étais demandé dans quel contexte farfelu les ouvriers d’un grand chantier comme celui de Pierrefonds avaient bien pu trouver le temps et la liberté de sculpter une scène aussi anecdotique, intimiste, touchante…

La conférencière que j’ai rencontrée il y a 10 jours a enfin éclairé ma lanterne : Eugène Viollet-le-Duc, architecte controversé du 19e siècle et restaurateur du château de Pierrefonds, adorait les chats. Il s’est ainsi amusé à animer les façades et les toits du château d’environ 80 sculptures de chats !

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Non content de peupler les hauteurs du château de charmants félins, il a aussi fait sculpter de nombreuses créatures fantastiques, par exemple un pélican à ailes de chauves-souris. En scrutant la façade de la cour d’honneur, on découvre aussi, dans le feuillage sculpté, des écureuils, des oiseaux, un singe. Certains chapiteaux retracent également les épisodes du Roman de Renart (goupil, poules). Sans parler des gargouilles qui ont pris la forme de salamandres géantes, et plutôt effrayantes. Photos trouvées sur le net :

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A l’inverse de ces grandes salamandres démoniaques, on peut aussi déceler, en cherchant bien, et presque à hauteur d’yeux, le repos d’une charmante grenouille ou la promenade d’un adorable escargot au milieu des feuilles de chêne et des glands ; deux petites merveilles que j’ai absolument voulu prendre en photo :

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Pour aller plus loin :

  • un descriptif du château de Pierrefonds sur Wikipédia : ici
  • Viollet-le-Duc est également célèbre pour avoir restauré la cathédrale Notre-Dame de Paris et pour ses gargouilles : c’est le sujet du très beau bouquin de Michael Camille : Les Gargouilles de Notre-Dame (fiche de l’ouvrage par l’éditeur : ici) et je viens de découvrir un bel article consacré au livre en question ici !

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Japonisme : les insectes de Henri Lambert

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(assiette décorative, porcelaine, par Henri Lambert, fin XIXe siècle)

Je prends un peu de temps pour partager ici mon coup de cœur du jour : les assiettes décoratives de Henri Lambert et en particulier celles représentant des insectes.

Au milieu du XIXe siècle, l’Occident découvre le Japon, qui ouvre ses portes à l’étranger après plusieurs siècles de repli. Ainsi naît le japonisme, cet engouement pour l’archipel nippon qui va profondément influencer l’art occidental et cela de façon vaste : peinture, architecture, mode, mobilier, gravure, céramique…

Henri Lambert (1836-1909), peintre sur porcelaine, a pleinement baigné dans la vogue du japonisme.

Pour ses assiettes pleines de poésie et de raffinement, il s’inspire par exemple des artistes japonais Bairei (Album de cent oiseaux, 1881) et Kyôsai (Album de dessins pour le plaisir, 1881). Ce faisant, il reprend la thématique oiseaux et fleurs (qui est initialement une tradition chinoise, hua niao, récupérée par le Japon). Par oiseaux et fleurs, on n’entend non pas la représentation très stricte d’un oiseau et d’une fleur, mais d’un animal et d’un végétal. En l’occurrence, si les oiseaux et les fleurs sont souvent à l’honneur, les artistes oiseaux et fleurs aiment aussi représenter des poissons, des insectes, des bambous, un pin, ou encore des légumes : un navet, des courges… 

Sur l’assiette ci-dessus, nous observons trois insectes (une sauterelle, une mouche et ce qui ressemble à une punaise), évoluant tranquillement sur une branche de pois de senteur en fleur.

Sur l’assiette ci-dessous, nous découvrons un vulcain qui volette au dessus d’une branche de noisetier. Ce qui donne tout leur charme aux assiettes de Henri Lambert : les animaux sont représentés dans leur milieu naturel, et non pas isolés de leur environnement. Chaque assiette ressemble ainsi à un poème…

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Sur l’assiette suivante, une libellule se repose sur la feuille d’un iris d’eau. Ici, Henri Lambert nous offre presque un paysage, et donc presque un voyage…

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Pour aller plus loin :

  • Pour découvrir d’autres assiettes de Henri Lambert, il suffit de taper ses nom et prénom dans le moteur de recherche de l’agence photo RMN Grand Palais : ici
  • Voici la fiche Japonisme de Wikipédia : ici
  • La BNF propose une riche bibliographie sur le japonisme : ici

 

L’imposture intellectuelle des carnivores

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J’ai assisté jeudi soir à une formidable conférence donnée par Thomas Lepeltier (voir photo), historien des sciences et philosophe, et bien sûr, vegan. Cette conférence était intitulée L’Imposture intellectuelle des carnivores (titre de son dernier ouvrage ) et sous-titrée à l’assaut de la citadelle carniste !

1 conférencier très en forme + 1 public curieux et passionné = 2 heures de pur bonheur.

Les deux objectifs de Thomas Lepeltier :

  • déconstruire les idées farfelues que véhiculent les intellectuels (et donc « faiseurs » d’opinion) carnivores sur le veganisme
  • construire un monde nouveau : en l’occurrence, un monde vegan 🙂 !

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Thomas Lepeltier, pessimiste quant au sort des animaux en France

Malgré une société qui bouge (les médias qui communiquent beaucoup sur la souffrance animale, les consommateurs qui désirent manger moins d’animaux maltraités et torturés), Thomas Lepeltier est pessimiste quant au sort des animaux en France, pour plusieurs raisons :

  • la consommation de viande est en hausse dans le monde
  • en France : on mange moins de viande par foyer, mais bizarrement la consommation de bidoche ne diminue pas de façon significative (peut-être parce que la consommation de viande au restaurant a augmenté)
  • le nombre d’animaux tués (on ne parle pas ici de poids, mais d’individus qui souffrent) est en augmentation : car certes les Français bouffent moins de viande rouge, mais ils se rabattent sur la volaille et le poisson
  • en Angleterre, où le végétarisme est bien plus ancré qu’en France (et depuis des décennies), malheureusement, on constate que la conversion du végétarisme au végétalisme n’a pas eu lieu : non seulement les Anglais continuent de consommer des produits animaux issus d’une exploitation pleine de souffrance (produits laitiers, fromage, œufs) , mais visiblement ils sur-compensent : plus de produits laitiers, de fromage, d’œufs !!!!!
  • dernier point et ce fût le principal sujet de sa conférence : le paysage intellectuel français (les « faiseurs » d’opinion) est foncièrement carniste et spéciste

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Un paysage intellectuel français foncièrement carniste et spéciste 

Parce que le paysage intellectuel français est foncièrement carniste et spéciste, il faut s’attaquer à cette citadelle avec force et méthode. Avec beaucoup d’humour (je crois n’avoir jamais vu un public autant rire lors d’une conférence), Lepeltier a énuméré tout un tas de propos ridicules émis par les intellectuels français carnistes. Quelques exemples :

  • Jocelyne Porcher, directrice de recherches à l’INRA, affirme que « pour abattre un animal, il faut l’aimer ». Et que les animaux nous « donnent » leur viande, nous « donnent » leur vie…
  • Raphaël Enthoven, philosophe, n’a pas honte de déclarer : « pour assumer son animalité, il faut manger de la viande » : on se demande ce que les animaux qui ne bouffent pas de viande en pensent…
  • Alain Prochiantz, professeur de neuro-biologie, accuse les végétariens et les végétaliens d’imposer leur morale : en l’occurrence, il faudrait laisser tout le monde vivre comme il l’entend et faire n’importe quoi avec n’importe qui, au nom de la liberté…
  • Dominique Lestel déclare carrément que « pour être un homme, il faut être cruel » : ça ressemble clairement à un appel à la violence et à la cruauté ; ce mec est-il sérieux ?
  • Michel Onfray, philosophe, a été capable de dire que si on arrêtait de manger les animaux, « ils nous envahiraient » et « l’humanité disparaîtrait » ! Il lui arrive d’avoir de vagues éclairs de lucidité et d’affirmer, par exemple : « si je pense, je suis végétarien ».
  • Francis Wolf, professeur de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure, a le toupet de dénoncer les vidéos qui montrent la violence des abattoirs : ce n’est pas assez important à ses yeux. Pour Wolf toujours, il y a une hiérarchie parmi les animaux, entre ceux qu’on a choisis comme animaux de compagnie et le reste des animaux : l’affection qu’on porte à son chien justifie la violence qu’on commet sur les vaches et les cochons. Il parle également d’un « contrat » passé avec les animaux d’élevage. Faut-il lui expliquer, comme à un gosse de 4 ans, qu’un contrat implique l’accord des deux parties et que les animaux n’ont jamais dit oui ?
  • Perico Legasse, critique gastronomique, considère que les traditions passent avant la souffrance animale
  • Elisabeth de Fontenay, philosophe, pense qu’il faut à tout prix « protéger la tradition culinaire, ancrée dans le devenir des hommes »  : tant pis pour le problème éthique de la viande, qu’elle reconnaît pourtant comme une triste réalité
  • Franz-Olivier Gisbert, journaliste végétarien et amoureux des bêtes (c’est important) mais visiblement schizophrène, défend régulièrement les ministres de l’Agriculture (Lemaire, Le Foll), ceux-là même qui se foutent comme de l’an 40 du bien-être animal. Il affirme aussi que la viande ne doit pas disparaître : « une terre sans viande,  c’est une terre sans vache, et donc une terre bien triste ». Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond chez cet homme…

Bref, on va d’incohérences en inepties. Aucun de leurs arguments ne tient la route 30 secondes. Ces individus qu’on croit sensés racontent absolument n’importe quoi sur le sujet.

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Plusieurs lignes de conduite adoptées par Thomas Lepeltier

  • Les intellectuels ont un pouvoir, une responsabilité. Parce que leurs propos font autorité, ils ont une responsabilité dans le massacre des animaux. Quand ils racontent des énormités, il faut donc les dénoncer, les contredire, les décrédibiliser, mettre le doigt sur leurs incohérences et leur mauvaise foi.
  • Le citoyen vegan doit assumer son côté moraliste. Avoir de la morale n’est pas une tare. Il s’agit bien de mettre le doigt sur l’immoralité d’une société violente et spéciste. Mais tout est dans la manière de s’y prendre : il s’agit d’user de tact, d’habileté, c’est-à-dire de laisser croire à son interlocuteur carnivore qu’il se met à culpabiliser tout seul. Il ne faut surtout pas qu’il se sente culpabilisé par l’autre.
  • Se plaindre aux rédactions (presse, TV), au nom du pluralisme, de ne pas entendre davantage les abolitionnistes quand on parle d’animaux et de viande

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Pour aller plus loin :

  • un article sur Thomas Lepeltier : ici
  • la légende du rock Iggy Pop prend le micro avec une chanson anti-spéciste, pour l’association Peta : ici
  • la chaîne Naturalia a ouvert 3 magasins vegan à Paris et en région parisienne : ici

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Demain, c’est lundi ! Je vous souhaite à tous une belle semaine, en harmonie avec vous-mêmes et avec les autres êtres vivants qui vous entourent. Voici une création de Pamela Tongue : un oiseau vient se reposer, en toute quiétude, sur le coude d’une femme nue et alanguie…

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