Chevaux de Przewalski : retour progressif à la vie sauvage

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(un troupeau de chevaux de Przewalski)

Le cheval de Przewalski fait partie des 7 dernières espèces d’équidés sauvages. C’est un petit cheval trapu, au fort caractère, jamais domestiqué par l’homme car trop farouche. Par contre, il a été abondamment chassé par l’homme préhistorique, ce qui explique sa présence sur de nombreuses parois des grottes ornées, comme celle de Lascaux.

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La vie sauvage des chevaux de Przewalski

Chaque troupeau de chevaux de Przewalski est constitué d’un étalon, de plusieurs femelles et de poulains. L’étalon finit par chasser les jeunes mâles, qui entament alors une période solitaire.  Pour trouver de quoi se désaltérer et se nourrir, le cheval de Przewalski parcourt sans problème plusieurs dizaines de kilomètres en une seule journée.

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Extinction de l’espèce

A la base, les chevaux de Przewalski vivaient dans toute l’Europe et dans une bonne partie de l’Asie. Malheureusement, ils ont été abondamment chassés pour alimenter les zoos. Ils ont ainsi vraisemblablement disparu d’Europe au début du 19e siècle. En Asie, on a observé le dernier cheval de Przewalski en 1968, en Mongolie. A partir de là, on en dénombrait moins de 15, et tous enfermés dans les zoos, très loin de leurs conditions de vie naturelles… 😦

En 1996, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature déclare l’espèce éteinte dans la nature. En 2008, elle reclasse le cheval de Przewalski « en danger critique », puis seulement « en danger » en 2011 suite à sa réintroduction réussie dans la nature.

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Réintroduction progressive dans la nature 

C’est paradoxalement grâce à la poignée de chevaux survivant dans les zoos que l’espèce a pu être sauvée. En 1990, on compte 1000 chevaux de Przewalski captifs. Trois associations (l’ONG International Takhi Group, l’ONG Foundation for the preservation of nature and environment et l’association française Takh) commencent à réintroduire avec succès des chevaux de Przewalski dans la nature. Quelle est leur destination ? la Mongolie principalement, mais aussi la Chine, le Kazakhstan, l’Ukraine, ou encore la Russie…

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Aujourd’hui, on compte environ 1500 chevaux de Przewalski dans de nombreux parcs zoologiques et quelques zoos. Plus de 300 autres individus ont pu être réintroduits en Mongolie depuis 1992. La population sauvage des chevaux de Przewalski augmente lentement (on comptait 387 individus en 2014). De nombreux élevages en semi-liberté (Lozère, Hongrie), gérés par les associations citées plus haut, offrent aux chevaux une transition bienfaisante.

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Pour aller plus loin :

  • voici le site officiel de l’association française TAKH : ici
  • un très beau livre a été édité chez Belin sur le sujet, avec un texte explicatif (Françoise Perriot) et de nombreuses photos magnifiques (Pierre Schwartz), il s’intitule Le dernier cheval sauvage (la fiche du bouquin est ici)
  • on peut découvrir un extrait du documentaire Le Dernier Cheval sauvage de Laurent Charbonnier ici
  • voici le site officiel de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature : ici
  • la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature se trouve ici

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Nouvelle-Guinée : un paradis pour les plus beaux oiseaux du monde

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(paradisier bleu ou Paradisaea rudolphi, mon préféré)

Avez-vous déjà entendu parler des oiseaux de paradis ? Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, « paradisiers » ou « oiseaux de paradis » ne sont pas des termes qui définissent l’ensemble des oiseaux d’allure exotique. Il s’agit en réalité d’un taxon (scientifique) regroupant précisément 39 oiseaux de Nouvelle-Guinée (la troisième plus grande île du monde).

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Si le mot de « paradis » a naturellement été choisi pour nommer le taxon des Paradisaeidae, c’est parce qu’ils sont tellement beaux qu’on les croirait venus d’un monde rêvé, fabuleux. Le naturaliste Alfred Russel Wallace, qui les a observés au XIXe siècle, les a décrits comme « les plus belles et les plus merveilleuses des créatures vivantes ».

Ce qui fascine les biologistes et les ornithologues chez les paradisiers :

  • leurs caractéristiques physiques (queue en ruban, plumes qui jaillissent de la tête, explosion de couleurs, teintes métalliques, etc.)
  • leurs comportements extraordinaires lors des parades nuptiales (certains se suspendent la tête en bas comme le paradisier bleu ci-dessus, d’autres rebondissent sur leurs pattes, étendent les ailes, font des éventails, etc.)
  • … mais également l’incroyable diversité des espèces de ce taxon : 39 oiseaux de paradis et tout autant de silhouettes !

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Ci-dessous, en voici quelques-uns.

Voici le paradisier gorge-d’acier (Ptiloris magnificus), à la poitrine bleu métallique, en pleine parade nuptiale. Les parades amoureuses des paradisiers se font souvent dans les hauteurs de la canopée, mais parfois aussi dans les sous-bois, comme ici.

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Le paradisier royal (Cicinnurus regius), rouge vif et blanc, fait partie des plus petits paradisiers connus. Lors de la parade nuptiale, il agite au-dessus de sa tête les deux disques vert émeraude situés à l’extrémité de son corps. Quelle petite merveille !

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Le paradisier grand émeraude (Paradisaea apoda) fut intensément chassé à la fin du XIXe siècle pour la beauté de son plumage flamboyant. Les paradisiers sont dorénavant protégés par une loi qui en interdit la chasse. Mais ils souffrent malgré tout du braconnage et de la déforestation. Ils ont tout de même plusieurs points pour eux : pas de prédateurs (félins), pas de concurrence dans la recherche de nourriture (pas de primates, pas d’écureuils). En outre, la profusion de fruits que leur offre leur environnement leur permet de mettre peu d’énergie dans la recherche de nourriture, et de consacrer beaucoup de temps à la séduction et à la reproduction.

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Le paradisier de Victoria (Ptiloris victoriae), grâce à ses plumes aux extrémités arrondies, déploie un magnifique éventail lors de la parade amoureuse. L’aérodynamisme de ses ailes est altéré par la rondeur de ses plumes, mais cela ne lui pose pas de problème majeur : dans l’environnement qui est le leur, les paradisiers n’ont pas de prédateurs.

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La queue du paradisier à rubans (Astrapia mayeri) est 3 fois plus longue que son corps. Comme le reste de son plumage, ses deux superbes plumes blanches tombent et repoussent annuellement, pour exposer toute leur beauté à la saison des amours.

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Pour la parade amoureuse, le paradisier multifil (Seleucidis melanoleucus) se positionne systématiquement sur une branche verticale ou un tronc s’élevant au dessus de la forêt. Pour l’envoûter, le mâle balaye le bec de la femelle avec les douze fils (voir photo) qui terminent sa queue.

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Voici les caractéristiques communes aux différents oiseaux de paradis : 

  • ils vivent tous dans la même région : Nouvelle-Guinée + îles voisines + côte Nord-Est de l’Australie
  • ce sont des oiseaux forestiers, et souvent montagnards
  • ils ont une alimentation omnivore (mais mangent principalement des fruits)
  • ils présentent des pattes et becs solides (qui leur permettent d’extraire les fruits et les noix)
  • leur dimorphisme sexuel est très marqué (les femelles ne ressemblent pas aux mâles)
  • les mâles ont un plumage extravagant
  • le comportement des mâles lors des parades amoureuses est sophistiqué
  • les mâles n’ont aucun rôle parental : polygynie (ils s’accouplent avec autant de femelles que possible)
  • leur nid est en général composé de lianes et vrilles d’orchidées
  • leur espérance de vie est d’environ 30 ans
  • en général, ils pondent un œuf unique, une fois par an

Pour aller plus loin : 

Je ne peux que vous inviter, si les oiseaux de paradis vous intéressent, à découvrir le livre Oiseaux de paradis édité chez Delachaux et Niestlé, qui retrace le formidable travail du biologiste et photographe animalier Tim Laman (la plupart des photos que j’ai utilisées pour cet article sont de lui) et de l’ornithologue Edwin Scholes. Voici une fiche qui résume plutôt bien leur bouquin : ici. L’ouvrage coûte 39 euros, et je pense qu’il est disponible dans pas mal de bibliothèques.

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N’hésitez pas également à jeter un œil sur le site officiel du photographe Tim Laman, qui bosse notamment pour National Geographic : ici. Et son blog se trouve .

Pour finir, voici le site officiel du Birds of Paradise Project, mené par Tim Laman et Edwin Scholes : ici  

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Les animaux dans l’art : chanter leur beauté sans les tuer, les brimer ou les avilir

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(insecte en bambou, patiemment et amoureusement confectionné par Noriyuki Saitoh)

Dans le rapport que l’espèce humaine entretient avec l’animal sauvage, amour rime souvent avec instinct de possession et instinct de destruction. Les animaux ont toujours été physiquement exploités, emprisonnés, voire massacrés, au service de l’Art et du Beau, ou encore du divertissement. La fascination qu’ils suscitent chez les humains, de part leur magnificence et les mystères infinis qu’ils recèlent, ne les a pas épargnés, bien au contraire, et cela jusqu’à l’extinction de certaines espèces…

Profanation

Quelques exemples affligeants parmi tant d’autres : natures mortes sanguinolentes réalisées d’après modèle, animaux tués et empaillés pour les cabinets de curiosités, trophées de chasse, art de la plumasserie,  animaux de cirque, performances d’art contemporain avec exploitation d’animaux vivants, fourrure et cuir dans la mode et la décoration…

Pourquoi l’être humain continue-t-il d’humilier et de détruire les créatures sauvages dont la beauté, la souveraineté et la liberté l’émerveillent ? éprouvera-t-il encore longtemps ce besoin ? a-t-il ainsi l’impression de s’approprier leurs pouvoirs (beauté, puissance, courage), et dans tous les cas, pourquoi ce désir pèse-t-il plus lourd dans la balance que l’éthique, la douceur, l’enchantement ? viendra-t-il une ère où violenter ainsi le règne animal sera considéré comme sacrilège ?

Chanter le règne animal

Loin de ces pulsions archaïques et mortifères, certains artistes transforment pourtant, avec bienveillance et brio, leur fascination pour le règne animal en une véritable ode à la beauté du monde et de la vie : ils parviennent, sans porter atteinte à la liberté et au bien-être des animaux, à en louer les splendeurs.

Leurs matériaux : le papier, le bambou, la peinture, les objets de récupération, le métal… Leurs atouts : la curiosité, l’étude, l’observation, l’imagination, la dextérité, la bricole, le sens des proportions… Leur état d’esprit :  l’empathie, le respect, la délicatesse et l’humilité. Leurs œuvres d’art sont plus ou moins éphémères, toujours poétiques. Voici 5 de ces artistes contemporains. On en trouve beaucoup d’autres sur internet.

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Edouard Martinet

L’artiste français Edouard Martinet, également enseignant de design graphique à la LISAA de Rennes, récupère des objets abandonnés ou usés (chaînes de vélo, ressorts, ustensiles de cuisine, poignées variées, éléments de machines à écrire, lampes de poche, porte-monnaie, compas…) pour réaliser son majestueux bestiaire de métal : fourmis, sauterelles, poissons, papillons… Il fouille dans les vide-greniers et les débarras. Il commence par dessiner de nombreux croquis, avant de s’atteler à l’étape de la sculpture. Il travaille alors sans soudure et n’utilise que l’emboîtement et la visserie. Certaines de ses réalisations lui prennent quelques semaines, tandis que d’autres exigeront plusieurs années.

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Ci-dessus : un papillon de 60 cm de hauteur, un scarabée rhinocéros de 30 cm de long, une épinoche de 80 cm de long, ou encore un magnifique crapaud avec une bouche en porte-monnaie (je crois bien que c’est mon préféré).

Cliquez ici pour lire l’interview qu’il a donnée à Unidivers en 2016. Son site internet permet de découvrir une galerie de ses sculptures : ici.

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Dzia

L’artiste belge Dzia exprime sa créativité sur les murs d’Anvers (où il a fait les beaux-arts de l’Académie Royale) et dans plusieurs capitales européennes. Il peint principalement des animaux sauvages, apportant ainsi de la couleur et une joyeuse énergie à des lieux tristounets : chauves-souris, grues, aigles, famille de renards, cerfs, poissons, flamands roses, libellules, écureuils, sont au rendez-vous… Le site officiel de Dzia se trouve ici.

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Diana Beltran Herrera

Avec ses créations colorées, la jeune artiste colombienne Diana Beltran Herrera nous offre un merveilleux voyage dans l’univers du papier. Pour ce qui est du règne animal, elle s’intéresse tout particulièrement aux oiseaux. Elle confectionne également des papillons. Chaque animal confectionné par Diana Beltran Herrera est immédiatement identifiable : colibri, perruche, toucan, ibis, flamand rose, quetzal, guêpier, mésange, et beaucoup d’autres !

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Diana Beltran Herrera s’aventure également dans le monde végétal : fruits, fleurs, ou encore champignons… Pour en voir davantage, son site officiel se trouve ici.

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Noriyuki Saitoh

Les Japonais sont connus pour l’intérêt qu’ils ont toujours voué aux insectes. Les écoliers nippons étudient par exemple les textes de l’entomologiste français Jean-Henri Fabre, tandis qu’en France, les enfants ne savent pas qui c’est !

Pour réaliser ses œuvres, Noriyuki Saitoh utilise un des matériaux japonais par excellence : le bambou. Son travail est saisissant de finesse et de poésie. On reconnaît sur ces photos une demoiselle, un criquet, une libellule, une cigale, et sur la photo qui chapeaute cet article, un capricorne.

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L’artiste Noriyuki Saitoh a une page Facebook (ici) sur laquelle on découvre l’avancée de ses travaux et un joli site internet avec une galerie de ses créations (ici).

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Artur Bordalo

Artur Bordalo (qui se fait appeler Bordalo II par égard pour son grand-père, également artiste) est portugais. Passionné de graffiti et inspiré par la récupération, il combine ces deux méthodes pour réaliser de grandes sculptures animalières, qu’il fixe ensuite sur les murs des villes. Son thème de prédilection : l’animal sauvage. Il explique : Je choisis toujours un animal qui a une relation forte avec l’endroit où je vais l’accrocher.

A la mi-novembre 2017, l’artiste lisboète a réalisé un castor de 8 mètres dans le 13e arrondissement de Paris (voir 4e photo), dans le quartier de la bibliothèque François Mitterrand, en référence à la Bièvre, rivière de la région parisienne qui se jetait autrefois dans la Seine, au niveau de la gare d’Austerlitz.

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Pour aller plus loin :

  • Pour chanter la beauté du règne animal, il y a évidemment aussi l’écriture ou encore la photographie. Le photographe Ludovic Sueur, vegan et antispéciste, pratique une photographie ultra-éthique : on ne dérange pas la faune, on évite d’empiéter sur le territoire des animaux, on se débrouille surtout pour ne pas provoquer la peur ou la fuite de l’animal. Ne pas porter atteinte au quotidien des animaux, à leur habitudes, à leur progéniture ni à leur environnement, voilà l’idée. Il explique sur son site internet (ici) : « La liberté des individus photographiés et la préservation de leur environnement sont prioritaires dans ma démarche photographique et font partie de ma philosophie de vie. » Ci-dessous, une huppe fasciée photographiée par Ludovic Sueur.

Sans titre

  • Le président des États-Unis Donald Trump est un amateur de chasse à l’éléphant. A  la mi-novembre 2017, sous la pression des associations pour la protection animale et de son propre parti, il a toutefois dû se résigner à geler une mesure qui consistait à ré-autoriser (après que Barack Obama l’ait interdite) l’importation de trophées d’éléphants provenant d’Afrique sur le territoire américain. Ouf ! Le quotidien « Le Monde » en a parlé : ici.

Balade automnale aux serres d’Auteuil

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(serres d’Auteuil, photographie de F. Moncel glanée sur le net, 2012)

Dimanche 22 octobre, 15 heures, porte d’Auteuil : atmosphère pluvieuse et bourrasques hostiles, 10°C, on s’emmitoufle et on se planque sous les parapluies. Dix minutes plus tard, à l’intérieur des illustres serres d’Auteuil : climat chaud et moite, pas un souffle de vent, 21°C. Le contraste est saisissant et pas désagréable, surtout quand on entend la pluie tambouriner au dessus de nos têtes, sur les toits de verre et de métal…

Une serre réservée à la famille des orchidées, une autre qui abrite les bégonias, une troisième qui nous permet de déambuler au milieu d’une forêt de cactus… C’est à Jean-Camille Formigé (1845-1926) que l’on doit l’architecture de ces constructions majestueuses et délicates, peintes en turquoise.

Selon les saisons, les serres d’Auteuil offrent des surprises bien différentes. Certes, octobre n’est pas le mois idéal pour admirer le plus grand nombre de floraisons, mais cela n’enlève rien au plaisir de la balade. Notons, entre autres, le charme qu’apportent les différents points d’eau, que ce soit la mare tropicale qu’égayent les carpes japonaises (dans la serre principale) ou la fontaine romantique joyeusement envahie de papyrus et de prêles (dans le jardin).

Merci Erika pour cette après-midi photo conviviale. Je ne suis décidément pas douée pour la photographie (encore faut-il que je prenne un jour la peine de consulter le mode d’emploi de mon modeste appareil !), mais j’ai apprécié cet exercice ludique et contemplatif, qui donne envie de se métamorphoser en fourmi, papillon, oiseau ou goutte de rosée…

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Pour aller plus loin :

  • Quelques mots sur les serres d’Auteuil : ici
  • Calendrier des floraisons des serres d’Auteuil : ici
  • Différence entre macrophotographie et proxyphotographie : ici

Poétique de la libellule

Daniel Magnin

(photographie de Daniel Magnin)

Quand on grandit au bord d’une rivière, on côtoie naturellement les libellules et les grenouilles. Ces animaux habitent mon imaginaire et avec le temps, cet attrait n’a fait que grandir. Quoi de plus merveilleux qu’une nuée de libellules batifolant au dessus de la végétation verdoyante d’un point d’eau ? quoi de plus harmonieux et de plus inspirant qu’une demoiselle qui vient délicatement se percher sur sa brindille, au dessus d’une rivière ensoleillée, royaume de saules, de joncs ou d’herbes folles ?

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L’ouvrage Ma vie de libellule vient de paraître aux éditions de la Salamandre. J’ai succombé, je l’ai acheté ! Et j’ai pu constater avec bonheur qu’il était en très bonne place sur la table du rayon Animaux de la librairie. Il s’agit du travail de collaboration de deux amoureux de la nature : le photographe Daniel Magnin et le philosophe et naturaliste Alain Cugno, qui avait déjà écrit, entre autres, La Libellule et le Philosophe, aux éditions de l’Iconoclaste.

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Ce livre retrace avec pédagogie et humour tout le cycle d’une fée d’eau douce : ponte, vie de larve, éclosion, vie aérienne, chasse, accouplement, et de nouveau, ponte. Les libellules s’y expriment à la première personne, ce qui favorise l’immersion du lecteur dans l’univers de l’animal, mais également son empathie pour ce petit être délicat.

On apprend par exemple dans cet ouvrage que les larves de libellule vivent entre 2 et 5 ans avant de ramper à la surface de l’eau et de quitter leur exuvie, ou encore que les libellules ont côtoyé les dinosaures (puisqu’il s’agit d’un des plus vieux insectes du monde) et qu’elles faisaient alors jusqu’à 70 cm d’envergure !

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Les photographes qui travaillent pour les éditions de la Salamandre s’engagent à suivre une charte rigoureuse, respectueuse des espèces et des milieux (label Photographie Nature Responsable). On retrouve l’intégralité de cette charte sur leur site internet. Il s’agit, par exemple :

  • de conserver une distance d’observation pour éviter de provoquer l’envol, la fuite ou l’effroi
  • de renoncer à prendre une photographie si cela peut perturber durablement l’animal ou son environnement
  • de pratiquer un travail très discret (pour ne pas contrarier les animaux)
  • ou encore de ne pas truquer l’image

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Pour aller plus loin :

  • une émission très sympathique de 45 minutes, intitulée Pourquoi les libellules ? sur RFI, avec 2 entomologistes (en 2 parties) : ici puis ici
  • de l’importance de protéger les zones humides : ici
  • le site internet des éditions de la Salamandre se trouve ici
  • Daniel Magnin propose, sur son site officiel, une généreuse galerie de photographies : ici

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Musée imaginaire ~ les champignons

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(camaïeu de bruns et sensualité automnale, dessin de Pascal Moguérou)

[11e volet de mon musée imaginaire : les champignons]

Avec l’automne reviennent les journées pluvieuses, les grosses rafales de vent et… les champignons ! Cèpes, girolles, amanites, morilles, pleurotes… les champignons, traditionnellement associés à la promenade et au monde merveilleux de la forêt, ont souvent inspiré les artistes et les esthètes. Pour notre plus grand plaisir 🙂

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Pascal Moguérou, ami des fées et cueilleur de champignons

Ci-dessus, une adorable créature rousse s’accoude à un gros cèpe. Pascal Moguérou, illustrateur et conteur breton, s’est spécialisé dans le dessin des fées et des korrigans. Les fées de Moguérou vivent en forêt, les champignons font donc partie intégrante de leur univers : les héroïnes de Moguérou font leur sieste sous les bolets, dansent sur leur dôme, prennent leur bain au creux des chanterelles, papotent au milieu des morilles. Les champignons leur servent ainsi de boudoir, de scène de théâtre ou de terrain de jeu, selon les moments de la journée et l’humeur (très) changeante de ces demoiselles 🙂

 

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Les aquarelles de Jean-Henri Fabre

Infatigable observateur de la nature, l’entomologiste Jean-Henri Fabre, alliant ses compétences scientifiques à une grande sensibilité artistique, ne s’est pas contenté d’observer et d’écrire sur les insectes : il a également réalisé plus de 600 aquarelles de champignons.

Ci-dessous, deux exemples (chanterelles et amanites) de son travail, dont il a humblement dit : « avec peu de couleur, beaucoup d’eau et d’attention, il est facile de bien faire ».

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Un poème automnal (et végétalien) de Han Shan

Je profite de ce billet consacré aux champignons pour partager un poème chinois de Han Shan (9e siècle). Ce texte nous décrit tout un art de vivre, loin de la civilisation mais au plus près de la nature : contemplation, hédonisme, dépouillement. L’ermite Han Shan trouve sa nourriture (champignons, herbes, baies) en se promenant en montagne :

Je demeure sur ce perchoir de la montagne froide
retiré, enchanté par tant de merveilles
J’emporte un panier pour ramasser des plantes de la montagne,
une corbeille pour cueillir les baies, puis m’en retourne
Assis sur de la paille étalée je mange des légumes,
suce et mâche des champignons pourpres
Après avoir rincé ma calebasse dans l’étang limpide,
je cuis un harmonieux mélange de plantes sauvages
Assis sous le soleil, avec une couverture,
oisif, je lis des poèmes des anciens

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Le goût des champignons chez Floris Jespers

Le peintre belge Floris Jespers (1889-1965) a réalisé plusieurs natures mortes aux champignons, dont cette ravissante huile sur toile, intitulée Champignons et chapeau de paille (80 x 61 cm) en 1944. Cette oeuvre nous raconte une douce journée d’automne : promenade en forêt, cueillette, préparation en cuisine des champignons fraîchement ramassés.

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Les promenades inspirées de Zhang Daqian

Zhang Daqian (1899-1983) est un artiste chinois mondialement célèbre du 20e siècle. On le connaît principalement pour ses paysages à couper le souffle, spectaculairement teintés de verre et de bleu, et pour ses peintures de lotus.

Les peintres chinois attachent, en général, autant d’importance aux paysages grandioses qu’aux plus petits détails : un séduisant bouton de fleur, un pin qui résiste élégamment au temps, l’envol enivré d’un bourdon… Ci-dessous, Zhang Daqian va au plus simple en représentant une ravissante famille de champignons. En quelques coups de pinceaux, il plante un décor et nous raconte un chemin, une forêt, une ambiance, une saison…

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Le sous-bois fantasmé de Kate Kato

Depuis qu’elle est enfant, Kate Kato (qui se fait aussi appeler Kasasagi) s’émerveille pour les créatures végétales et animales qu’elle observe dans la nature. Son travail poétique et délicat s’inspire directement de son observation de la faune et de la flore. L’artiste utilise principalement du papier recyclé, des bouts de fer et des colorants naturels. Elle s’autorise également le tissu et la broderie.

En bonne place dans son cabinet de curiosités champêtre, on trouve bien sûr les champignons. Mais aussi de la mousse, des fougères, des violettes, des perce-neige, des digitales… Les animaux ne sont pas en reste, puisque Kate Kato confectionne également des abeilles, des papillons, de nombreux coléoptères.

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Pour aller plus loin :

  • Pascal Moguérou a un site officiel : ici
  • vous trouverez davantage d’informations sur les aquarelles de Fabre sur le site du Museum National d’Histoire Naturelle : ici
  • pour admirer de très nombreuses œuvres de Zhang Daqian, n’hésitez pas à faire un tour sur le site China Online Museum (ici) et surtout sur Sotheby’s (cliquez ici puis tapez son nom en haut à droite)
  • Kate Kato a un site officiel ici et on parle aussi d’elle ici ou !
  • les champignons ont également inspiré les écrivains : ici

Fée alanguie à l’ombre d’un gros cèpe, par Pascal Moguérou :

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Chaleur animale au Louvre

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(Jeune tigre jouant avec sa mère, Eugène Delacroix, 1830)

J’ai profité d’un jour de congé en milieu de semaine pour aller fureter au département des peintures (France, Europe du Nord, Italie, Espagne, Grande-Bretagne et Etats-Unis) du musée du Louvre. L’Art, que ce soit pour l’artiste ou pour le spectateur, est décidément une merveilleuse manière de prendre contact avec la nature et les animaux.

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Jeune tigre jouant avec sa mère

Ci-dessus, Jeune tigre jouant avec sa mère, par Eugène Delacroix, réalisé en 1830. Delacroix, chef de file français des peintres romantiques au 19e siècle, a toujours aimé observer et représenter les animaux, et en particulier les chevaux et les fauves. Son contemporain Théophile Gautier a un jour dit à son sujet :

Il savait adoucir le caractère féroce de son masque par un sourire plein d’urbanité. Il était moelleux, velouté, câlin comme un de ces tigres dont il excelle à rendre la grâce souple et formidable.

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Le Taureau blanc à l’étable

Jean-Honoré Fragonard, peintre classique du 18e siècle, est principalement célèbre pour ses scènes galantes et ses tableaux polissons. J’aime beaucoup cette huile sur toile, pleine de douceur et de chaleur animales. L’artiste fait ici d’un simple bovidé, en le représentant de façon très réaliste et en le nimbant d’un clair-obscur bienveillant, un personnage à part entière, presque le héros d’une histoire. Car chaque animal n’est-il pas, tout simplement, le héros de sa propre vie ?

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Paysage à la chèvre

Antoine Watteau (1684-1721) est célèbre pour ses tableaux inspirés de la commedia dell’arte. Mais son Paysage à la chèvre, réalisé en 1715, nous emmène loin du théâtre et des scènes galantes. Ici, avec son ciel nuageux, sa chaude lumière de fin de journée, sa végétation montagneuse et sa joyeuse cascade, la nature est reine, malgré quelques habitations humaines. Au premier plan de cette scène pastorale, se tiennent compagnie une bergère et sa chèvre. Les animaux peuplent nos vies ; sans eux, nous ne serions rien ; et sans cette ravissante chevrette, dont on devine la tendresse et l’infatigable joie de vivre, le même tableau n’aurait pas du tout la même saveur gionesque.

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Nature morte avec cailles, hibou et échasse blanche

Paolo Porpora, peintre italien du 17e siècle, s’est spécialisé dans les natures mortes et les scènes de la nature. Il a réalisé cette Nature morte avec cailles, hibou, échasse blanche vers 1656. On y voit plusieurs éléments végétaux (roses, pensées, champignons) et surtout, de nombreux animaux : des papillons, des cailles, des crapauds (dont un en plein repas), un hibou et une échasse blanche. L’ambiance est crépusculaire, certes, mais chaque créature y déborde de vie. Peut-on franchement parler d’une nature morte ?

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Le Paradis terrestre

L’art animalier connaît un essor majeur au 17e siècle, avec des peintres comme Paul de Vos, Roelandt Savery, Frans Snijders ou Jan Fijt. C’est évidemment l’occasion pour eux de représenter des scènes de chasse, mais aussi ce qu’on appelle des paradis terrestres : des tableaux où l’humain disparaît complètement ou presque, pour laisser toute leur place à des animaux extrêmement variés, et cohabitant étrangement bien ensemble !

Paul de Vos a réalisé ce Paradis terrestre vers 1650. On lui connaît aussi une Entrée des animaux dans l’Arche de Noé.

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Deux singes pillant une corbeille

Frans Snyders (1579-1657), peintre flamand, fut un élève de Peter Bruegel le Jeune. Il s’est spécialisé dans l’art animalier, les natures mortes et les scènes de chasse. Dans Deux singes pillant une corbeille, il nous présente des capucins qui chapardent des fruits dans une corbeille. Ce qui aurait pu rester une nature morte se transforme alors en joyeux champ de bataille : hurlements des singes, fracas de la vaisselle cassée… Le site officiel du Louvre propose une fiche détaillée du tableau : ici.

deux singes pillant - frans snyders

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Pour aller plus loin, quelques bouquins :

  • Bestiaire du Moyen Âge, de Michel Pastoureau, aux éditions du Seuil : ici
  • L’Odyssée des animaux, les peintres animaliers flamands au XVIIe siècle, aux éditions Snoeck : ici
  • 100 sculptures animalières (20e siècle), aux éditions Somogy : ici
  • Zoo de papier, aux éditions Citadelles & Mazenod (en vente à partir d’octobre 2017) : ici

(ci-dessous : double page intérieure de la brochure de présentation de l’ouvrage Zoo de papier)

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